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L’or africain aux EAU : comment fonctionne le marché et comment y négocier en toute légalité

En 2024, plus de la moitié de l’or importé par les EAU venait d’Afrique, et les règles qui encadrent l’origine, la vente et la déclaration de cet or se sont durcies depuis 2022. Ce guide présente les chiffres, les institutions du marché, la voie légale pour acheter et vendre, et l’évolution des règles dans les principaux pays producteurs.

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Pourquoi Dubaï est au cœur du commerce de l’or africain

Dubaï occupe le centre du commerce de l’or africain parce qu’elle réunit en un même lieu les volumes, les services et l’accès aux marchés de destination. Selon SWISSAID, qui s’appuie sur les données UN Comtrade, les EAU ont importé 748 tonnes d’or d’Afrique en 2024, soit plus de la moitié de leurs importations d’or. Le gouvernement de Dubaï estime que 13 à 15 % de l’or négocié dans le monde transite chaque année par l’émirat (octobre 2026).

Les EAU se classent au deuxième rang des places de l’or physique, mais les sources ne s’accordent pas sur la place qui les devance. Le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC) les plaçait derrière la Suisse en juillet 2025, et le quotidien The National derrière le Royaume-Uni en novembre 2025.

Cette ampleur attire l’attention sur l’or non déclaré, et les EAU ont durci depuis 2022 leurs règles d’approvisionnement et de lutte contre le blanchiment de capitaux. Pour qui veut investir en Afrique depuis les Émirats, dans la filière de l’or, c’est désormais la conformité qui décide qui peut y prendre part.

Le commerce de l’or africain en chiffres

Les chiffres montrent une croissance rapide en valeur de 2023 à 2025, mais chaque organisme mesure une réalité différente.

Importations d’or des EAU en provenance d’Afrique en 2024, plus de la moitié du total émirien
748 tonnes
Or négocié aux EAU en 2024, valeur officielle
186 milliards USD
Commerce extérieur d’or de Dubaï en 2025, environ 272 milliards USD, en hausse de 60 %
1 000 milliards AED
Or physique négocié aux EAU en 2025
2 750 tonnes
Or africain non déclaré arrivé aux EAU sur 2012–2022, selon les estimations
2 569 tonnes
Record du cours de l’once d’or, atteint le 28 janvier 2026
5 589 USD

Ce que mesurent les chiffres

Les chiffres d’importation proviennent de SWISSAID, une organisation non gouvernementale (ONG) suisse : 1 392 tonnes d’une valeur de 105,4 milliards USD en 2024, dont 748 tonnes en provenance d’Afrique, en hausse de 18 % sur 2023. Les données émiriennes de 2024 sont apparues sur UN Comtrade le 31 octobre 2025, puis ont été retirées avant la publication de SWISSAID. Ces chiffres reposent donc sur des données restées publiques peu de temps.

Les chiffres officiels émiriens mesurent la valeur des échanges, et non les importations. Les EAU ont évalué l’or négocié en 2024 à environ 683 milliards AED (186 milliards USD), tandis que le DMCC avançait près de 625 milliards AED (170 milliards USD) pour l’ensemble des métaux précieux, un périmètre différent. Le chiffre de Dubaï pour 2025 provient du Haut Comité pour le développement du secteur économique et financier de l’émirat (octobre 2026).

Ce que les chiffres ne disent pas

Les chiffres déclarés ne tiennent pas compte de l’or de contrebande. Le rapport de SWISSAID de mai 2024, « Tracking African Gold », évalue l’or africain non déclaré arrivé aux EAU à environ 115 milliards USD sur 2012–2022, et à environ 405 tonnes pour la seule année 2022. Le gouvernement émirien affirmait alors avoir pris des « mesures importantes » contre la contrebande. Ce guide n’a trouvé aucune ventilation officielle émirienne des importations d’or par pays africain ou par tonnage pour 2024–2026.

La valeur suit aussi le cours. Selon une estimation de l’US Geological Survey (USGS), le cours moyen de l’or est passé de 2 388 USD l’once en 2024 à environ 3 300 USD en 2025. L’or a atteint un record de 5 589,38 USD l’once le 28 janvier 2026 (certaines sources de marché citent un pic en séance proche de 5 595 USD), puis est retombé à environ 3 880 USD le 30 octobre 2026, son plus bas niveau sur un an.

L’essentiel de l’or repart. La Suisse a importé 316 tonnes depuis les EAU de janvier à septembre 2025, dont la quasi-totalité par le raffineur Valcambi, tandis que la demande émirienne s’établissait à 9,7 tonnes au troisième trimestre 2025 (World Gold Council). Les chiffres du corridor replacent l’or dans l’ensemble des échanges EAU–Afrique.

Comment fonctionne le marché de l’or aux EAU

Le marché émirien repose sur une grande zone franche, deux normes de lingots, des raffineurs agréés, une bourse et les souks de détail.

Le DMCC et les normes de lingots

La communauté des métaux précieux du DMCC réunit des sociétés minières, des essayeurs, des raffineurs, des financeurs, des négociants et des joailliers. Le DMCC possède une chambre forte souterraine, et son registre Tradeflow enregistre la propriété des marchandises stockées dans des installations émiriennes, au service de la finance islamique et de l’or tokenisé. La section sur Dubaï comme base d’affaires présente ses autres zones franches.

La norme DGD porte sur des lingots de 1 kg d’un titre d’au moins 995 et a servi de standard de livraison pour les contrats à terme du DGCX. Lancée à Abou Dhabi le 28 novembre 2021, la norme UAEGD est la norme nationale appelée à la remplacer, fondée sur les lignes directrices de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle est gérée par l’UAE Bullion Market Committee.

La liste UAEGD du 27 août 2026 compte neuf raffineurs d’or. Trois sont établis aux EAU (Al Etihad Gold FZCO, Emirates Gold FZCO et Sam Precious Metals FZ LLC), et les six raffineurs étrangers comprennent Rand Refinery et Valcambi. La liste n’indique pas quels membres sont actifs et lesquels font l’objet d’un examen.

Les raffineurs, la bourse et le souk

Le produit de métaux précieux le plus liquide du DGCX est un contrat sur 1 kg d’or physique conforme à la charia, et ses volumes ont progressé de 30 % en 2025. Le commerce de détail se concentre dans le Dubai Gold Souk et dans le Dubai Gold District, lancé par Ithra Dubai le 27 janvier 2026 avec plus de 1 000 détaillants. La stratégie aurifère présentée par Dubaï en octobre 2026 fixe six axes, du négoce international et du financement jusqu’au stockage, à la traçabilité, à la formation des prix et à la demande de détail.

Le débouché indien

L’Inde constitue un second grand débouché, grâce à l’accord de partenariat économique global (CEPA) entre les EAU et l’Inde, en vigueur depuis le 1er mai 2022. L’Inde accorde une réduction de droits de douane de 1 point de pourcentage sur un volume pouvant atteindre 200 tonnes d’or émirien par an (conditions de 2025). Le commerce bilatéral de l’or est passé d’environ 3 milliards USD en 2022 à 17 milliards USD en 2025, selon Reuters en avril 2026.

L’Inde a ensuite restreint l’accès. En mai 2025, elle a réservé les importations d’or émirien brut et semi-ouvré aux agences désignées, aux joailliers qualifiés et aux titulaires de quotas, en invoquant des abus et des réexportations qui ne respectaient pas la règle de 3 % de valeur ajoutée du CEPA. En octobre 2025, elle a fait passer l’attribution des quotas à des enchères en ligne.

Acheter de l’or africain via les EAU par la voie légale

Un achat légal part d’un vendeur agréé et passe par l’essai, une expédition déclarée et le devoir de diligence, jusqu’à un paiement bancaire appuyé par un dossier complet. Le texte de référence est le Guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque (troisième édition, avril 2016).

  1. Étape 1: Vérifiez la licence du vendeur et son permis d’exportation

    Chaque pays d’origine décide qui peut vendre et exporter de l’or. Au Ghana, le Ghana Gold Board (GoldBod) est depuis le 1er mai 2025 l’exportateur unique de l’or issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE, ASM en anglais). Les acheteurs étrangers peuvent solliciter directement auprès de lui un contrat d’enlèvement. L’Ouganda exige une licence de négoce, d’exploitation minière ou d’affinage, ainsi qu’un permis d’exportation du pays d’origine pour l’or importé (janvier 2026).

  2. Étape 2: Faites procéder à l’essai et à la certification de l’or

    Faites appel à un essayeur indépendant du vendeur, ou à l’essayeur public lorsqu’il en existe un, et demandez le certificat de pureté avec les documents d’origine. La liste complète des documents exigés par les douanes de Dubaï pour l’or africain n’a pas pu être vérifiée : confirmez-la auprès du raffineur destinataire et de votre commissionnaire en douane.

  3. Étape 3: Expédiez l’or en fret déclaré

    Les voyageurs qui entrent aux EAU ou en sortent doivent déclarer les espèces, métaux précieux ou pierres précieuses d’une valeur supérieure à 60 000 AED (octobre 2023). L’application Afseh de l’Autorité fédérale de l’identité, de la citoyenneté, des douanes et de la sécurité portuaire permet d’effectuer ces déclarations. Un fret assuré, accompagné des documents d’exportation, fournit au raffineur la traçabilité documentaire dont il a besoin.

  4. Étape 4: Répondez aux exigences de due diligence de l’importateur et du raffineur

    La réglementation émirienne reprend les cinq étapes de l’OCDE : un système de gestion, l’évaluation des risques, une stratégie de réponse aux risques, un examen indépendant et un rapport annuel. En vertu du décret ministériel n° 68 de 2024, les négociants en métaux et pierres précieux appliquent les étapes 1 à 3, tandis que les raffineurs et les recycleurs appliquent les cinq. Préparez à l’avance les informations sur les propriétaires, l’origine, l’itinéraire et les permis, et servez-vous de la check-list de due diligence pour le volet société.

  5. Étape 5: Payez par virement bancaire et conservez le dossier

    Réglez sur le compte propre du vendeur agréé et conservez la facture, le certificat de pureté, les numéros d’enregistrement fiscal des deux parties, le contrat, les documents de transport et la preuve de paiement. Depuis 2021, les négociants émiriens doivent déclarer les transactions en espèces de 55 000 AED ou plus et conserver leurs archives pendant au moins cinq ans.

Doré, lingots affinés et prix

Le doré est le lingot semi-affiné que produit une mine, tandis que les lingots affinés portent le poinçon d’un raffineur et respectent une norme de lingots. À compter du 1er juillet 2026, GoldBod achète 30 % de la production des grandes sociétés minières sous forme de doré, avec une décote de 0,55 %, payée en cedis. Ce doré est affiné au Ghana, puis poinçonné dans une raffinerie accréditée par la London Bullion Market Association (LBMA).

L’or affiné se négocie par référence au cours de Londres, et l’écart varie avec la logistique : du 6 au 9 mars 2026, des perturbations du trafic aérien ont maintenu l’or de Dubaï 10 à 30 USD l’once sous le cours de Londres. Pour le doré, la qualité, le transport et les frais réduisent le prix perçu. Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé à environ 214 millions USD la perte de la Banque du Ghana sur son programme de doré issu de l’EMAPE en 2025, jusqu’au troisième trimestre ; la banque a qualifié ce chiffre de spéculatif. Aucune fourchette publiée des frais d’affinage aux EAU n’a été trouvée : demandez un barème écrit.

Vendre de l’or aux EAU

Vendre aux EAU suppose un acheteur agréé, une preuve de pureté et d’origine, un paiement traçable et le bon traitement au regard de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Vérifiez qu’un raffineur figure sur la liste UAEGD en vigueur et qu’un négociant est agréé et non suspendu. Attendez-vous à des questions sur l’origine : le World Gold Council (WGC) a indiqué en novembre 2025 que les lingots absents de la base de données Gold Bar Integrity, qu’il constitue avec la LBMA, deviendront plus difficiles à vendre.

En vertu de la circulaire n° 8 de 2021 du ministère de l’Économie, les négociants doivent vous identifier et déclarer sur goAML, le système de la Cellule de renseignement financier, toute transaction en espèces de 55 000 AED ou plus. Avec des entreprises, les virements de ce montant sont également déclarés. La chambre forte du DMCC et Tradeflow vous permettent de stocker de l’or avec un titre de propriété enregistré, mais aucun tarif de garde publié n’a été trouvé.

Le tableau présente la TVA et les droits de douane au moment de la rédaction :

ProduitTVADroits à l’importation
Or d’investissement, pureté de 99 % ou plus (barres, lingots, pièces)Taux zéro depuis 2018Aucun sur l’or en lingots
Bijoux en orTaux normal de 5 %5 %, sauf bijoux fabriqués aux EAU
Autre or vendu entre entreprises immatriculées à la TVAAutoliquidation : l’acheteur déclare la TVAÀ vérifier auprès des douanes

L’autoliquidation découle de la décision du Conseil des ministres n° 25 de 2018, et le fournisseur reste redevable de la taxe, à moins d’obtenir la confirmation écrite de l’acheteur et de vérifier son numéro fiscal. Certaines sources secondaires datent de 2024 l’autoliquidation sur l’or, et le DMCC qualifie les lingots d’« exonérés de TVA » plutôt que de soumis au taux zéro ; vérifiez ces deux points auprès d’un fiscaliste. La situation douanière repose sur des comptes rendus de 2018, sans changement ultérieur relevé.

Règles et conformité pour les négociants en or aux EAU

Quatre ensembles de règles s’appliquent à l’or négocié aux EAU ou en transit par le pays : l’approvisionnement responsable, la lutte contre le blanchiment, les listes internationales et les sanctions.

Approvisionnement responsable et obligations des négociants

Le ministère de l’Économie a annoncé le 21 juillet 2022 la réglementation sur le devoir de diligence pour l’approvisionnement responsable en or (Due Diligence Regulations for Responsible Sourcing of Gold), obligatoire depuis janvier 2023. Elle vise les raffineurs, les importateurs, les recycleurs, les entreprises minières et les négociants, en zone franche comme sur le mainland, avec des amendes de 50 000 AED à 5 millions AED. Le décret ministériel n° 68 de 2024 a étendu ces obligations aux négociants placés sous la supervision du ministère, et le ministre a annoncé en mai 2026 une nouvelle politique fédérale pour le secteur de l’or.

Le décret-loi fédéral n° 10 de 2025 relatif à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT, AML/CFT en anglais) est entré en vigueur le 14 octobre 2025 et a porté les amendes infligées aux personnes morales à un montant de 5 à 100 millions AED. Les négociants doivent être agréés ou enregistrés, nommer un responsable de la conformité, s’inscrire sur goAML, filtrer leurs clients au regard des listes de sanctions et déclarer les transactions concernées de 55 000 AED ou plus. En 2024, 32 raffineries ont été suspendues du 24 juillet au 24 octobre, après des inspections ayant relevé 256 infractions.

Le statut au regard du GAFI, de l’UE et de la LBMA

Le Groupe d’action financière (GAFI) a maintenu les EAU sur sa liste grise du 4 mars 2022 au 23 février 2024. L’Union européenne a retiré les EAU de sa liste des pays à haut risque avec effet au 5 août 2025, et SWISSAID a appelé en novembre 2025 à leur retour sur la liste grise du GAFI. La section conformité explique comment les banques tiennent compte de ces listes.

Le 6 novembre 2020, la LBMA a averti 12 places de négoce de l’or, dont les EAU, qu’elle pourrait empêcher ses raffineurs accrédités de s’approvisionner par des places ne respectant pas ses normes. En juillet 2023, les EAU ont suspendu Emirates Gold DMCC de la liste UAEGD, sur fond d’enquête sur des liens présumés entre ses propriétaires et des blanchisseurs d’argent, et la LBMA l’a ensuite suspendue à son tour. Une entité nommée Emirates Gold FZCO figure sur la liste UAEGD d’août 2026, et son statut n’est pas clair.

Les affaires de sanctions

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’office de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain, a désigné des entreprises établies aux EAU dans trois affaires d’or liées à l’Afrique, présentées ici telles qu’elles ont été annoncées :

  • Mars 2022 : Alain Goetz, African Gold Refinery en Ouganda et des sociétés émiriennes dont Agor DMCC, pour de l’or provenant de la République démocratique du Congo (RDC)
  • Décembre 2024 : 28 personnes et entités d’un réseau dirigé par Kamlesh Pattni, dont Precious Bullion DMCC, établie aux EAU ; le Royaume-Uni a désigné Pattni le même jour
  • Janvier 2025 : le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Dagalo, et sept sociétés immatriculées aux EAU ; le 4 avril 2025, les EAU ont déclaré qu’aucune ne détenait de licence émirienne active et ont ouvert leur propre enquête

Les EAU ont indiqué en novembre 2025 que l’or lié au Soudan représentait 1,06 % de l’or ayant transité par le pays en 2024. Les sanctions occidentales visant l’or russe ne s’appliquent pas aux EAU : les acheteurs soumis aux règles américaines, britanniques ou européennes restent donc exposés à ce risque dans leurs opérations.

Principales origines africaines et règles applicables aux acheteurs

L’or africain arrive aux EAU depuis des pays producteurs industriels, des zones d’orpaillage et des pays de transit, et la plupart de ces origines ont modifié leurs règles pour les acheteurs entre 2023 et 2026. Le tableau reprend les chiffres les plus récents relevés :

PaysProduction et annéeLien avec les EAUChangement récent des règles pour les acheteurs
Ghana149 t (2024) et 150 t (2025) selon l’USGS ; environ 185 t (2025) selon Al JazeeraPlus de 72 % des exportations artisanales de GoldBod en 2025Monopole de GoldBod (mai 2025) ; affinage local (septembre 2026)
Mali48,2 t (2025)Relevés émiriens supérieurs à ceux du Mali en 2014 et 2016Participations publiques et locales jusqu’à 35 % (code de 2023)
Burkina Faso94 t (2025), chiffre officielOr en transit par le Togo (estimation de l’OCDE, 2018)Cinq actifs aurifères transférés à l’État (2025)
Soudan70 t (2025), selon le gouvernementExportations officielles vers les EAU : 22,2 t (2024), 8,2 t (2025)Rupture des relations avec les EAU (mai 2025)
Afrique du SudEnviron 90 t (2025)Rand Refinery sur la liste UAEGDAucun changement récent relevé
Tanzanie67,8 t (2025/26)Aucun chiffre émirien relevéAu moins 20 % réservés à la banque centrale (septembre 2024)
Zimbabwe46,7 t livrées à la raffinerie d’État (2025)Sanctions visant le réseau Pattni (décembre 2024)Aucun changement récent relevé
Guinée19,9 t d’or industriel et 49,6 t d’or artisanal exportées (2025)Aucun chiffre émirien relevéInterdiction d’exporter l’or brut (juin 2026)
OugandaNon publiée ; exportations de 5,8 milliards USD (2025)31 t vers les EAU en 2024 (SWISSAID)Négociants agréés uniquement ; permis d’exportation du pays d’origine exigé (janvier 2026)
TogoQuasi nulle52 t vers les EAU en 2024 (SWISSAID)Aucun changement relevé ; désigné comme plaque tournante du transit (janvier 2025)
RDCEnviron 20 t par an d’or artisanal (estimation citée en 2022)Le négociant public vise jusqu’à 18 t en 2026, surtout vers DubaïRachat du partenaire émirien de Primera Gold (2024)
Niger2,2 t d’or artisanal et 177 kg d’or industriel (2023)Coentreprise avec un négociant de Dubaï (avril 2025)Seule mine industrielle nationalisée (août 2025)

Ghana : GoldBod et l’affinage local

Le Ghana a regroupé l’or artisanal dans un canal public unique en vertu du Ghana Gold Board Act (loi 1140), adopté le 29 mars 2025. En 2025, GoldBod a exporté 103 804 kg d’or artisanal, dont plus de 72 % vers Dubaï et les EAU et environ 25 % vers l’Inde. Depuis le 1er septembre 2026, les agrégateurs autofinancés doivent faire affiner au Ghana, avant exportation, le doré acheté dans le cadre de contrats d’enlèvement, dans l’une des quatre raffineries agréées. La fiche Ghana présente l’économie du pays dans son ensemble.

La Guinée et le Sahel

Le président guinéen a annoncé le 19 juin 2026 la fin des exportations d’or brut : tout l’or doit être fondu et certifié en Guinée, à la Nimba Gold Refinery, alors encore en cours d’installation. Aucun calendrier d’application n’avait été communiqué au 22 juin 2026 : les contrats portant sur du doré guinéen s’exposent donc à un changement de produit et de contrepartie.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont renforcé le contrôle de l’État sur l’or, une évolution traitée dans la section risque politique. Le code minier malien de 2023 autorise des participations publiques et locales allant jusqu’à 35 % dans les nouveaux projets, et Barrick a réglé son différend avec l’État pour environ 430 millions USD le 24 novembre 2025. Le Burkina Faso a transféré cinq actifs aurifères au véhicule public SOPAMIB en juin 2025 et a inauguré sa première raffinerie nationale le 28 septembre 2026.

Le Niger a nationalisé sa seule mine d’or industrielle en août 2025. En avril, il avait signé une coentreprise de raffinage avec Suvarna Royal Gold Trading, société établie à Dubaï et dirigée par Kamlesh Pattni, visé par des sanctions américaines et britanniques depuis décembre 2024.

Le Soudan, la RDC et les routes de transit

L’armée soudanaise et les FSR sont en guerre depuis avril 2023, et les États-Unis ont sanctionné les dirigeants des deux camps en 2025. Les exportations officielles vers les EAU sont tombées de 22,2 tonnes en 2024 (99 % du total) à 8,2 tonnes en 2025, après la rupture des relations décidée par le Soudan en mai 2025, et les données officielles ne captent pas d’importants flux non enregistrés. Le chiffre de 29 tonnes retenu par SWISSAID pour 2024 provient des relevés d’importation émiriens : les deux séries diffèrent donc.

En RDC, Primera Gold, une coentreprise créée en 2022 avec un partenaire émirien, a expédié environ 5 tonnes vers une raffinerie d’Abou Dhabi au cours de sa première année. L’État a racheté la part du partenaire en 2024, et la société qui lui a succédé, DRC Gold Trading SA, vise jusqu’à 18 tonnes en 2026, surtout à destination de Dubaï.

SWISSAID voit dans les importations émiriennes massives en provenance de pays qui produisent peu d’or, comme le Togo, le signe d’une contrebande régionale. L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE, EITI en anglais) rattache les flux togolais à de l’or artisanal en transit depuis le Burkina Faso et le Niger. SWISSAID cite aussi le Tchad et la Libye comme points de sortie de l’or contrôlé par les FSR.

Où les investisseurs trouvent des débouchés légaux dans l’or africain

L’or offre plusieurs façons d’investir en Afrique au-delà de l’achat de lingots, et des groupes émiriens en ont déjà emprunté certaines :

  • Participations minières : en février 2025, Ambrosia Investment Holding, établie aux EAU, a conclu avec Allied Gold un accord d’environ 500 millions USD, dont 375 millions USD pour 50 % des activités maliennes d’Allied Gold. Middle East Eye a depuis rapporté que l’accord « a ensuite échoué », ce qu’aucune autre source ne confirme. La fiche sectorielle sur les mines présente d’autres acteurs miniers émiriens.
  • Financement adossé à l’or : en décembre 2024, Fujairah Holdings, établie aux EAU, a conclu un achat à terme d’or de 500 millions USD auprès de la mine de Bibiani d’Asante Gold, au Ghana, assorti d’une avance de 100 millions USD. La structure de détention détermine la fiscalité et la protection d’une telle opération.
  • Affinage : la Gold Coast Refinery, au Ghana, travaille avec le sud-africain Rand Refinery ; la raffinerie du Burkina Faso, inaugurée en septembre 2026, a une capacité de 164 tonnes par an ; la Guinée installe la sienne. La raffinerie prévue au Niger appartient à une coentreprise avec une société dirigée par un négociant sous sanctions : vérifiez d’abord les propriétaires.
  • Approvisionnement artisanal formalisé : les petits exploitants ont fourni environ 75 % des 46,7 tonnes livrées à la raffinerie d’État du Zimbabwe en 2025. GoldBod accepte des acheteurs étrangers sous contrat d’enlèvement, et DRC Gold Trading SA affirme que des entreprises de plus de 40 pays ont manifesté leur intérêt (janvier 2026).
  • Logistique et garde en chambre forte : le stockage et la traçabilité figurent parmi les six axes de la stratégie aurifère de Dubaï, et les perturbations aériennes de mars 2026 ont alourdi de 60 à 70 % les coûts logistiques d’un raffineur.

Les principaux risques de l’or africain et comment les réduire

Sept risques reviennent lorsque vous choisissez d’investir en Afrique dans la chaîne de l’or, et chacun appelle une parade connue :

  • Contrebande et sous-déclaration : SWISSAID estime qu’environ 405 tonnes d’or africain non déclaré sont arrivées aux EAU en 2022. N’achetez qu’auprès d’exportateurs agréés et rapprochez chaque permis d’exportation de la déclaration d’importation.
  • Or de conflit : l’OFAC indiquait en mars 2022 que plus de 90 % de l’or de RDC sort en contrebande vers des États de la région. Appliquez le devoir de diligence renforcé de l’OCDE et tracez chaque lot jusqu’à la mine.
  • Fraude et faux or : en juillet 2026, un tribunal de Dubaï a condamné neuf personnes pour avoir vendu des lingots d’argent plaqués or accompagnés de faux certificats, et des investisseurs de Dubaï ont perdu 54 000 USD au Kenya (2025) et environ 4 millions USD en Ouganda (2026). Recourez à un essai indépendant et ne payez qu’à la livraison dans une raffinerie.
  • Volatilité des cours : l’or a reculé d’environ 30 % entre son record de janvier 2026 et le 30 octobre 2026. Fixez le prix à la livraison et couvrez les positions ouvertes, par exemple avec les contrats à terme sur l’or du DGCX.
  • Changements de règles soudains : le Ghana, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Tanzanie et l’Inde ont modifié leurs règles sur l’or entre 2023 et 2026. Prévoyez des clauses de changement de législation et échelonnez les paiements.
  • Exposition aux sanctions : les affaires de l’OFAC de 2022, 2024 et 2025 visaient des sociétés immatriculées aux EAU. Filtrez chaque contrepartie et ses propriétaires au regard des listes des EAU, de l’ONU, des États-Unis, de l’UE et du Royaume-Uni.
  • Désengagement bancaire : des liens avec des réseaux sanctionnés ou des origines mal documentées mettent en péril les relations bancaires. Payez uniquement par virement et tenez un dossier de due diligence complet.

Les questions des acheteurs et des vendeurs

Les réponses ci-dessous reflètent les règles en vigueur au moment de la rédaction.

Une société émirienne peut-elle acheter de l’or directement aux petits exploitants miniers du Ghana ?

Pas auprès des exploitants eux-mêmes : depuis le 1er mai 2025, GoldBod est l’acheteur et l’exportateur unique de l’or artisanal agréé. Une société émirienne peut demander à s’approvisionner auprès de GoldBod sous contrat d’enlèvement, en payant en cedis au taux de référence de la Banque du Ghana.

Faut-il payer la TVA sur l’achat de lingots d’or aux EAU ?

L’or d’une pureté d’au moins 99 % négocié sur les marchés internationaux des lingots est soumis au taux zéro, tandis que les bijoux supportent le taux normal de 5 %. Les ventes d’autre or entre entreprises immatriculées à la TVA peuvent relever de l’autoliquidation : faites confirmer votre situation par un fiscaliste.

Dois-je déclarer de l’or en arrivant à Dubaï par avion ?

Oui, si sa valeur dépasse 60 000 AED : les voyageurs doivent déclarer les espèces, métaux précieux et pierres précieuses au-delà de ce montant, notamment via l’application Afseh. Les règles d’exportation du pays d’origine s’appliquent également.

Comment vérifier qu’une raffinerie est accréditée ?

Commencez par la liste UAE Good Delivery, qui comptait neuf raffineurs d’or en août 2026, et par la liste Good Delivery de la LBMA. Vérifiez la date de chaque liste, car Emirates Gold DMCC a été suspendue des deux en juillet 2023. Demandez au raffineur son dernier examen indépendant, que la réglementation émirienne impose aux raffineurs.

Que se passe-t-il si je paie un négociant en or en espèces ?

Le négociant doit enregistrer votre identité, déclarer sur goAML les paiements en espèces de 55 000 AED ou plus et conserver ces données pendant au moins cinq ans. Un virement bancaire entre des comptes ouverts au nom propre de chaque partie laisse aux deux une trace claire.

Échangez sur un projet d’approvisionnement ou d’investissement dans l’or avec un conseiller installé à Dubaï qui a développé des partenariats au Mali, en Guinée, au Burkina Faso et en RDC.

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